Paiement électronique Une activité encore sous-exploitée


Rédigé Par | Kech24-FR | le Lundi 25 Avril 2016 à 14:05



Si l’utilisation de la carte bancaire a connu une nette progression, il reste tout de même une importante marge à explorer. L’activité monétique a totalisé, au terme du premier trimestre 2016, un peu plus de 72 millions d’opérations pour un montant global de 61 milliards de DH. Ce sont 4 milliards de DH de plus qu’à la même période de l’année précédente. La progression des opérations de paiement dépasse largement celles de retrait. Le règlement par carte bancaire augmente trois fois plus vite que les opérations de retrait en termes de nombre (et deux fois plus vite en termes de valeur).

Culturellement au Maroc, le rapport au cash est particulier… à première vue seulement ! Si le retrait reste prédominant avec 88,8% des opérations (contre 90,2% au 1er trimestre 2015), il cède de plus en plus de place au paiement par carte bancaire.

Ce mode représente désormais 11,2% de la part des transactions, contre 9,8% à la même période de 2015. «C’est un petit vent de changement qui souffle sur l’activité», signale Ismail Bellali, directeur général adjoint au CMI. Celui qui espère voir grimper la part des paiements par carte à 15% à l’horizon 2020, estime tout de même que l’évolution reste encore trop lente. Pourtant, le CMI multiplie, en partenariat avec les banques, les actions pour stimuler l’activité.

L’offensive a été marquée l’année dernière par le lancement de plusieurs offres promotionnelles dédiées à la nouvelle clientèle. Outre le potentiel que le paiement électronique peut drainer pour ces établissements financiers, il est d’un grand apport pour l’économie nationale. Selon une étude de Moody’s Analytics, la popularisation de la carte bancaire -dans 70 pays- a permis d’avoir 296 milliards de dollars supplémentaires au PIB durant la période 2011 à 2015 (soit une contribution cumulative de 0,1%). Sans oublier l’augmentation de la consommation chez  les ménages avec une moyenne de 0,18% par an. Au Maroc, la contribution du paiement électronique - sur la même période- est en moyenne de 0,04% pour la croissance du PIB et 0,07% pour la consommation des ménages.

Pour Mark Zandi, économiste en chef chez Moody’s Analytics, «les paiements électroniques donnent  la possibilité aux gouvernements d’avoir une base plus importante de recettes au niveau de leur fiscalité tout en offrant des avantages additionnels à moindres coûts». Ce qui conforte la stratégie numérique du Royaume, conscient que l’e-gov peut être un des gros clients du paiement par carte. D’ailleurs, la Direction des impôts a pu le démontrer à travers le programme de dématérialisation du règlement de la vignette.

Les recettes de l’administration fiscale avaient augmenté de 15% par rapport à l’année précédente. Ces services ont pu, en très peu de temps, se greffer aux nouvelles habitudes des consommateurs. Ils restent derrière les opérateurs télécoms qui se placent en tête des plateformes de paiement les plus sollicitées. Ils sont suivis par les sites des compagnies aériennes grâce à leurs offres promotionnelles. Les distributeurs d’eau et d’électricité se maintiennent dans le top 3.

«L’utilisation de la carte pour des paiements en ligne ressort en moyenne à 2 opérations par mois», précise Bellali. Mais certaines pratiques ont encore la dent dure. Le paiement à la livraison continue de sévir. Les sites de deal et de e-commerce, autrefois fortement plébiscités sont désormais relégués au dernier rang. Sur les 550 sites marchands recensés, seule une vingtaine est vraiment active.

Question de sécurité? Pourtant il existe plusieurs systèmes d’authentification -par code confidentiel  ou autres- visant à sécuriser les transactions. La mise en place de ces moyens de sécurisation vise ainsi à lutter contre la fraude, que ce soit au niveau du paiement en ligne ou par TPE. Le règlement par cartes chez les commerçants s’est également bonifié au cours du 1er trimestre.

«Désormais, un consommateur utilise en moyenne 3,6 fois sa carte bancaire pour payer ses achats via TPE», affirme le DGA. Ce qui atténue ainsi les tensions entre le CMI et les commerçants sur la question des commissions jugées trop élevées. Celles-ci varient selon plusieurs paramètres dont le secteur d’activité du commerce, le volume des paiements par carte et le risque d’impayés. La taxe est, du coup, calculée par un pourcentage appliqué au montant de la transaction. La commission s’établit en moyenne à 2,5%.


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