Masters Paris - Le cheval Ryan passe sous la selle de Hermès


Rédigé Par | AFP | le Vendredi 4 Décembre 2015 à 13:33


PARIS - En rebaptisant Hermès Ryan le crack de saut d'obstacles Ryan des Hayettes, la marque de luxe redonne du lustre au sponsoring des chevaux de sport en France, une bonne nouvelle pour l'économie du secteur qui chagrine néanmoins nombre d'éleveurs.


"L'affixe de l'éleveur qui disparaît, c'est fort gênant, mais je n'en veux pas à Simon (Delestre, le cavalier et co-propriétaire de Ryan). Le sponsoring est indispensable", remarque le Belge Yves Lauwers, fondateur de l'élevage des Hayettes.

En Belgique, où l'élevage de chevaux de sport est très actif avec trois stud-books, "il n'est plus possible depuis deux ans de changer de nom (d'un cheval) à la suite de plaintes d'éleveurs. La France n'a pas encore pris une telle mesure", indique à l'AFP M. Lauwers.
"L'affixe de l'éleveur qui disparaît, c'est fort gênant, mais je n'en veux pas à Simon (Delestre, le cavalier et co-propriétaire de Ryan). Le sponsoring est indispensable", remarque le Belge Yves Lauwers, fondateur de l'élevage des Hayettes.

En Belgique, où l'élevage de chevaux de sport est très actif avec trois stud-books, "il n'est plus possible depuis deux ans de changer de nom (d'un cheval) à la suite de plaintes d'éleveurs. La France n'a pas encore pris une telle mesure", indique à l'AFP M. Lauwers.
- Carambar alias London -

Le royaume avait été échaudé par le cas emblématique de Carambar de Muze. Ainsi enregistré au registre belge BWP à sa naissance en 2002, l'étalon avait remporté deux médailles d'argent (individuel/équipes) aux JO de Londres-2012 sous le nom d'Eurocommerce London et la selle du cavalier néerlandais Gerco Schröder. Revendu au milliardaire autrichien Gaston Glock, l'inventeur du pistolet homonyme, il s'appelle désormais Glock's London.

Geneviève Mégret, propriétaire du haras français de Clarbec, "est plutôt réservée" face à ce changement d'identité, "par rapport au respect qu'on doit avoir du travail des éleveurs, le travail de toute une vie qui n'est pas considéré". "Avoir un partenariat bien sûr, mais équilibré", estime-t-elle.

Pour en revenir à Ryan, s'il est répertorié Ryan Hermès pour la Fédération équestre internationale (FEI), il reste pour la fédération française (FFE) Ryan des Hayettes *Hermès-JO/JEM (sigle fédéral pour valoriser l'investissement des propriétaires en vue des échéances majeures).

"On est assis entre deux chaises, admet Sophie Dubourg, DTN de la FFE. On doit assurer un équilibre: à la fois valoriser nos éleveurs (Ryan est du stud-book selle français) et se féliciter que des grandes marques communiquent à travers les chevaux. Mais pas à tout prix !"

Plus que de sponsoring, il s'agit bien de partenariat, insiste Marion Larochette, directrice chez Hermès du métier équitation, celui par lequel tout a commencé pour la marque au milieu du 19e siècle.

"Comme d'autres cavaliers, Simon est partenaire de longue date. Nous avons développé une selle avec lui. Hermès Ryan, c'est une nouvelle page de ce partenariat, dans la continuité. C'est un coup de coeur, une personnalité extraordinaire, un petit cheval courageux, atypique", ajoute-t-elle. 

Le hongre alezan est un des favoris du Grand Prix du Longines Masters de Paris-Villepinte, dimanche. Un intitulé qui dit combien le CSO ne peut se passer de sponsors.

Ayant traversé les années fastes 1980-1990 du sponsoring, marqué par une forte implication des domaines viticoles, Patrick Caron, champion du monde par équipes en 1982 avec Malesan Eole IV, se félicite du retour des investisseurs.

- Surenchère -

"Le cheval est un très bon support publicitaire. La France est leader dans l'organisation de grands concours (les cinq étoiles, ndlr). Les prix des bons chevaux sont à la hausse depuis que les pays du golfe, et surtout le Qatar, font de la surenchère. Ce partenariat sécurise le cheval", remarque M. Caron, entraîneur et sélectionneur à succès de l'équipe de France de saut d'obstacles pendant 14 ans.

M. Caron fait allusion au +mercato+, qui se terminera le 31 janvier prochain. Jusqu'à cette date, les chevaux peuvent changer de pays et, dans l'optique des JO de Rio, la crainte des sélectionneurs est que les cracks nationaux leur échappent.

"Même sans ce partenariat, on n'avait pas l'intention de vendre Ryan. Par rapport à la valeur du cheval (entre cinq et sept millions d'euros, selon un marchand de chevaux), c'est (le partenariat, ndlr) une goutte d'eau", remarque Simon Delestre.

Aucun montant n'a été communiqué. "Quand même une grosse goutte d'eau, plusieurs centaines de milliers d'euros", ironise un propriétaire.



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