Attentat à Bamako: les assaillants ont eu des complices


Rédigé Par | AFP | le Lundi 23 Novembre 2015 à 15:04


Les auteurs de l'attaque vendredi d'un grand hôtel de Bamako ayant fait officiellement 19 morts "ont bénéficié de complicités" pour se rendre à l'établissement et exécuter leur opération, a affirmé le procureur anti-terroriste chargé de l'enquête.


Les unes de journaux, le 23 novembre 2013 à Bamako après l'attaque sanglante contre un hôtel de la capitale malienne
Les unes de journaux, le 23 novembre 2013 à Bamako après l'attaque sanglante contre un hôtel de la capitale malienne
"L'enquête avance" et elle permettra de "débusquer rapidement les auteurs (de l'attaque) et les traduire devant la justice", a déclaré Boubacar Sidiki Samaké, procureur du pôle juridique spécialisé de lutte contre le terrorisme à Bamako, qui dirige les investigations. Il s'exprimait à des journalistes de la presse étrangères sur place dans la nuit de dimanche à lundi.

"Ce qui est évident, c'est qu'ils ont bénéficié de complicités pour venir à l'hôtel" Radisson Blu, "et ils ont bénéficié de complicités pour commettre le forfait", a affirmé M. Samaké.

Dans le hall de l'hôtel, les enquêteurs ont mis la main sur une valise contenant des grenades et appartenant aux assaillants, a-t-il indiqué.

Selon lui, des spécialistes français en criminalité sont arrivés au Mali pour aider à l'identification des corps. La Mission de l'ONU au Mali (Minusma) participe également à l'enquête.

Le Radisson Blu a été attaqué le 20 novembre au matin par des hommes armés qui y ont retenu quelque 170 clients et employés. Les forces maliennes, appuyées par les forces spéciales françaises et par des agents des Etats-Unis et de la Minusma, sont intervenues et ont "exfiltré" 133 personnes, selon le ministère malien de la Sécurité.

D'après des sources policière et de sécurité maliennes, l'enquête s'oriente vers "plusieurs pistes", sans certitude sur le nombre et la nationalité des auteurs de l'attaque, revendiquée successivement par deux groupes jihadistes distincts. Au moins trois suspects, complices présumés, étaient activement recherchés.

Interrogé sur d'éventuelles arrestations, le procureur Samaké a refusé de se prononcer mais a indiqué, sans plus de détails, que des perquisitions et "fouilles domiciliaires" ont été effectuées à Bamako dans le cadre de l'enquête.

"Je pense que dans les prochains jours vous allez voir, il y aura des choses", a assuré Boubacar Sidiki Samaké.

Il a invité à la prudence, concernant les revendications de l'attaque, estimant qu'aucun groupe n'était cependant à écarter.

L'attaque a été revendiquée dès le 20 novembre par le groupe jihadiste de l'Algérien Mokhtar Belmokhtar, Al-Mourabitoune, "avec la participation" d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Le groupe a affirmé dimanche que les assaillants étaient uniquement au nombre de deux, laissant entendre qu'ils étaient maliens.

Dans un enregistrement en arabe diffusé par la chaîne de télévision qatarie Al-Jazeera, un porte-parole d'Al-Mourabitoune les a identifiés comme Abdelhakim al-Ansari et Moez al-Ansari, le qualificatif "al-Ansari" désignant dans la terminologie jihadiste des combattants autochtones.



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